Revue de presse des premiers essais de la Golf GTI à sa sortie.
Avant les premières livraisons en France prévues à l’automne, AUTOhebdo dans son numéro 22 du 15 juillet 1976 présente un essai sur 5 pages de la petite bombe de Volkswagen. L’été 1976 est chaud et sec, mais ce n’est pas à la météo que pense Pierre François Rousselot quand il dit en introduction « Avec la version GTI de sa Golf, VW vient de créer quelque chose de super chaud, voire de bouillant ! ». Le ton est donné. Dès les premières lignes le journaliste met en avant les qualités de fabrication du moteur « Malgré une sollicitation importante et par une très forte chaleur, le moteur n’a pas montré le moindre signe d’essoufflement », et enfonce le clou quelques lignes plus tard « Si quelque chose doit lâcher, il semble bien, dans ces conditions que cela soit le pilote… ». La suite lui donnera raison.
Ce moteur l’emballe « A froid comme à chaud, après 10 km comme après 300 km de canicule, toutes ces qualités ne varient pas d’un pouce ! Très souple, puisque capable de repartir en douceur dès 1500tr/mn, le 4 cylindres VW est également brillant dans les plus hauts régimes, et passer 6500 tr/mn pour atteindre 6900 tr/mn et le limiteur de régime est chose courante pour ne pas dire normale. Les montées en régime se font alors dans un bruit rageur, agréable à entendre, et qui ne sont pas sans rappeler ceux du fameux 1300 cc R 8 G. »
On sourit un peu sur ce passage « Le confort auditif est certain grâce au peu de bruits d’air et à la discrétion du moteur, même à haute vitesse ». Les curseurs se sont un peu déplacés aujourd’hui !
On passe ensuite à la tenue de route et le ton est le même que ce soit pour la direction « La direction de la Golf reste légère et facile, malgré la position du groupe propulseur monté transversalement sur le train avant … », la motricité et l’équilibre « Ce qui apparait comme exceptionnel avec la Golf GTI c’est tout d’abord sa motricité puis son équilibre général. Une traction avant de 110 cv dont les roues ne cirent pratiquement jamais, malgré une recherche constante de la limite…. Ensuite un équilibre entre les 2 trains quasi parfait, avec une tendance au sous-virage dans les passages rapides ou très lents ».
Quelques petits bémols, le principal étant le freinage « Le seul point faible apparait avec le freinage qui, très rapidement, déclare forfait, la pédale descendant sensiblement pour se stabiliser ensuite mais la qualité des décélérations n’étant plus aussi bonne », mais aussi quelques détails de carrosserie et de confort « … des pare-chocs quasiment symboliques, un capot avant ouvrant dans le mauvais sens, les déflecteurs avant et les vitres arrières définitivement clos, un rétroviseur extérieur acceptant mal de rester fixe à haute vitesse ». Pour les petits pare-chocs, ce n’est plus aujourd’hui un handicap !
A la fin de l’article une phrase résume l’enthousiasme du journaliste « A son volant on éprouve la double et curieuse impression que cela peut passer encore plus vite et que si c’est vraiment trop vite, il suffit alors de décélérer, sans braquer plus et d’attendre que cela puisse passer ». C’est vrai que la Golf pardonne beaucoup, mais pas tout cependant.
Sport auto dans son numéro 175 d’août 1976 choisit d’essayer la Golf et la Scirocco, mais ne parle quasiment que de la Golf dans les 4 pages de l’article. Il n’y a pas une seule photo de la Scirocco, mais seulement de la Golf qui semble survoler la piste (même photo pour AUTOhebdo), mais cela seulement à l’intérieur du magazine, rien en couverture.
Le ton de José Rosinski est sensiblement le même que celui de François Rousselot. Après une partie consacrée aux caractéristiques techniques et aux évolutions par rapport à la Golf 1600, le journaliste met en avant la discrétion de la voiture, citant même en introduction Yves Blin responsable relations presse de VW France : « Les véritables berlines sportives se reconnaissent à ce que rien ne les distingue des autres, si ce n’est leurs performances ». Rosinski après avoir cité les différences avec les autres modèles note quand même « un œil exercé, de toute façon, sera sensible au surbaissement de la Golf et à la présence de gros pneus » puis enchaine sur l’intérieur « sièges baquets bien galbés à l’avant, sellerie en drap à motifs quadrillés de belle facture, et même un pommeau de levier de vitesses en forme de balle de …. Golf, bien sûr ».
Sur la route les qualités mises en avant par Sport auto concernent le comportement « Ce qui caractérise le mieux le comportement des GTI, c’est sa sûreté, et une grande facilité de conduite » et les réactions saines de la voiture « Brutalisée, la voiture réagit calmement et le conducteur a toujours le temps d’enregistrer l’information qu’elle lui transmet avant d’agir. Comme dans AUTOhebdo, la motricité est citée comme un point fort « … la motricité – jugée sur terrain sec il est vrai – est convaincante, et le freinage assisté d’une impressionnante endurance, du moins celui des voitures d’essai … ». Bon pour le freinage, on veut bien ! A noter que le journaliste de l’Action automobile a le même jugement, ce qui pourrait confirmer que la voiture mise à disposition pour cet essai bénéficiait de plaquettes améliorées par rapport à la série !
La partie moteur n’est pas en reste « Ce moteur de la VW n’est pas seulement brillant, il est très souple, mais manque peut-être un peu de punch à bas régime » et la boite donne satisfaction « Les rapports sont bien étagés, et leur sélection ne procure pas le moindre problème », avec un petit regret cependant « Toutefois, 5 vitesses n’auraient pas été de trop… ». VW accèdera à cette demande un peu plus tard.
La conclusion de José Rosinski est sans appel « … la Golf GTI offre un rapport prix-performances des plus intéressants. De plus parmi les berlines sportives, elle est actuellement celle qui réalise la meilleure synthèse entre le rendement et l’agrément … ». Le succès qui va suivre lui donnera raison.
L’Action automobile publie son essai dans son numéro 192 de septembre 2016. A noter que pour les trois revues, cet essai presse s’est déroulé à Montlhéry. Dans cette revue la même photo de la GTI volant au-dessus de la piste, mais comme Sport auto, rien en couverture. Deux pages seulement pour cet essai réalisé par Jean Pierre Malcher. L’accent est mis sur la faculté de cette auto sportive à s’adapter à la conduite de tous les jours, à commencer par sa discrétion « … la carrosserie est sobre ne laissant aux connaisseurs qu’un petit nombre de détails pour l’identifier », sa finition « La finition est excellente, aussi bien au niveau de la carrosserie qu’à l’intérieur de l’habitacle », son habitabilité « il est donc possible de voyager à quatre dans de bonnes conditions… » et son confort « la limitation du roulis dans les virages compense cette fermeté, du moins pour les personnes occupant les places avant ».
Côté moteur, un jugement plus orienté vers une utilisation de tous les jours. L’essayeur reconnait la puissance du moteur « les 110 ch sont bien là, mais …. l’impression ressentie est de loin inférieure au verdict du chronomètre » et donne son explication « la puissance est largement répartie sur la courbe de montée en régime avec un couple situé très haut (5 000 tr/mn)… ». Côté transmission, toujours la boite « nous aurions aimé, à défaut précisément d’un couple plus bas, une cinquième vitesse qui aurait permis …. de se retrouver dans la zone de couple à l’enclenchement du rapport supérieur ».
Rien de nouveau sur la tenue de route « particulièrement sûre et facile à conduire ….. elle sait aussi pardonner les fautes, un freinage violent à 150 km/h dans une courbe sera fort bien accepté ….. la puissance passe aux roues sans heurts ».
La vedette du moment, la Renault 5 Alpine, est citée en conclusion « La Renault 5 Alpine a trouvé à qui parler ». Le magazine Echappement choisira d’ailleurs de présenter la Golf face à la Renault. Au final la dernière phrase est dans le ton de l’essai « la GTI demeure une Golf, c’est-à-dire un engin utilitaire muni d’une cinquième porte et offrant une bonne habitabilité ». Même si la Golf GTI à sa sortie n’existait qu’en 3 portes.
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